Des contrôles anti-drogues préventifs et une nouvelle législation rendent la pêche en mer plus sûre

Le parquet de Flandre occidentale et la police de la navigation lancent des contrôles préventifs en matière d’alcool et de drogues sur les quais lors de l’embarquement des pêcheurs. Le procureur de la mer du Nord, Pascal Week, fait savoir que les statistiques et les signaux de Previs, le service de protection et de prévention du Zeevisserijfonds, indiquent une consommation importante de drogues à bord des navires de pêche. Entre-temps, le vice-Premier ministre et ministre de la Mer du Nord, Vincent Van Quickenborne, travaille à la modernisation de la législation sur l’abus d’alcool et la consommation de drogues en mer.   

Les chiffres dont dispose le parquet de Flandre occidentale, division Furnes, laissent peu de place à l’interprétation. Sur les 40 personnes de l’arrondissement de Furnes enregistrées comme pêcheurs professionnels, 15 sont connues pour consommation, détention ou vente de stupéfiants. « La police de la navigation peut demander les listes des pêcheurs qui se sont enrôlés sur un navire ces dernières années. En effet, l’enregistrement via un guichet numérique est obligatoire. Nous avons comparé ces listes avec nos données en matière de drogues, avec ce résultat inquiétant. De même, les signaux que nous avons reçus de Previs, le service de protection et de prévention du Zeevisserijfonds, faisaient état d’un problème de consommation de drogue sur le lieu du travail », explique le magistrat de la mer du Nord Pascal Week, du parquet de Flandre occidentale. Dans la plupart cas, il est question de cocaïne et de speed que les pêcheurs utilisent pour rester éveillés. Or, dans l’intervalle, des temps de navigation et de repos obligatoires destinés à alléger la charge de travail et garantir le repos ont été mis en place.

La moitié des notifications d’accidents proviennent de la pêche

« Inutile de dire que nous devons faire quelque chose contre la consommation de drogues en mer, tant pour la santé des pêcheurs eux-mêmes que pour les conditions de sécurité dans lesquelles ils doivent travailler aux côtés de leurs collègues. Si une catastrophe se produit en mer, causée par la consommation de substances psychoactives, la police et le parquet ne veulent pas se voir reprocher de n’avoir jamais pris de mesures préventives », déclare Pascal Week, magistrat de la mer du Nord. Les chiffres de l’Organisme fédéral d’enquête sur les accidents de navigation (OFEAN) montrent qu’entre octobre 2020 et octobre 2021, dans la partie belge de la mer du Nord, 118 incidents avec ou à bord de navires ont été signalés. Parmi ceux-ci, 59 étaient dus à la pêche maritime, soit précisément la moitié. Toutefois, il n’existe pas de chiffres permettant d’établir un lien de causalité avec l’alcool ou les drogues. 36 notifications concernaient des navires marchands et 23 des bateaux de plaisance.

Contrôles sur les quais

« Mais il ne fait aucun doute que la consommation de drogues en mer entraîne des situations dangereuses. Le trafic maritime est assez comparable à celui d’une autoroute. Il existe des routes de navigation obligatoires où les navires doivent se croiser.  Les pêcheurs travaillent également avec des machines dangereuses. Pour les armateurs, ces contrôles ne peuvent être que positifs. Les compagnies d’assurance couvrant les accidents du travail n’interviendront pas s’il apparaît que l’équipage était sous influence au moment de l’incident » ajoute le procureur Pascal Week. Concrètement, la police maritime effectuera des contrôles anti-drogues sur les quais avant la montée à bord des pêcheurs. Cette démarche est possible dans le cadre de la législation sur les drogues et du fait que les ports belges constituent la frontière extérieure de l’espace Schengen.

Le vice-Premier ministre et ministre de la Justice et de la Mer du Nord, Vincent Van Quickenborne, approuve les contrôles préventifs anti-drogues. « La pêche est connue pour être l’une des industries les plus dangereuses pour y travailler. Trop de familles sont marquées à vie parce qu’un père ou un fils n’est jamais rentré à la maison. Raison pour laquelle nous avons renforcé les règles de sécurité à bord en 2020, de sorte qu’il faut désormais prévoir entre autres des balises de détresse et des canots de sauvetage supplémentaires. Certes, mais l’abus d’alcool et la consommation de drogues à bord peuvent aussi avoir des conséquences désastreuses. C’est une bonne chose que la Justice et la police de la navigation y veillent », commente le ministre Van Quickenborne.

Une nouvelle législation unifiée

« Tout comme dans la circulation, il est inacceptable que des personnes naviguant à bord de navires et travaillant dans un environnement aussi dangereux, soient sous influence. La législation en la matière est cependant dépassée. C’est pourquoi, nous travaillons actuellement en concertation  avec l’industrie à une nouvelle réglementation. Nous instaurons des sanctions appropriées par analogie avec la circulation routière. Les amendes administratives seront alignées sur les amendes infligées en matière de circulation routière. Des analyses de sang pourront également être réalisées et le brevet de qualification maritime pourra être retiré pour une période déterminée. De plus, nous veillons à ce que l’on puisse agir plus efficacement contre les abus commis à bord de navires en provenance de ports étrangers qui viennent pêcher dans notre mer du Nord. Notre objectif est de finaliser cette législation cet été. Les pêcheurs travaillent dur jour et nuit pour remplir nos assiettes avec du poisson durable. Nous devons veiller à ce qu’ils puissent travailler en toute sécurité et rentrer chez eux sains et saufs. » 

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